Rapport présenté au Forum mondial sur la Paix par le groupe de travail sur les initiatives gouvernementales

3 juillet 2006

Le groupe de travail sur les initiatives gouvernementales, qui relève de l’Initiative internationale pour des ministères de la Paix, a organisé, le 25 juin, un panel international formé de parlementaires en faveur des ministères de la Paix, panel suivi par une série de cinq ateliers sur les étapes à suivre pour obtenir des ministères de la Paix. Parmi les panélistes, on comptait M. Dennis Kucinich, membre du Congrès américain, et Mme Marianne Williamson, modératrice, membre de l’Initiative pour la Paix aux États-Unis, l’organisation à l’origine de la campagne pour un ministère de la Paix aux États-Unis et celle qui a réalisé le plus de progrès à ce jour, de même que sept autres participants en provenance du Canada, de l’Australie, du Japon, des Philippines, du Libéria, des Îles Salomon et des Pays-Bas. Le Dr Arthur Chesterfield-Evans, membre du Conseil législatif, représentait l’Australie et M. Shokichi Kina, membre du Parlement du Japon, était représenté par un membre de l’organisation Japon Uni pour un ministère de la Paix (JUMP). Les participants ont été fascinés d’apprendre que les Îles Salomon ainsi que les Philippines avaient déjà mis en place des prototypes de ministères de la Paix, marquant ainsi leur avance sur les pays développés.

Le public, nombreux et enthousiaste, manifesta son appui au concept des ministères de la Paix. Le congressiste Kucinich affirma que « la paix est quelque chose d’éminemment pratique, au contraire de la guerre, et nous devons intégrer cette réalité à l’intérieur d’une structure d’édification de la paix », c’est-à-dire un ministère de la Paix et de la Non-violence. Les autres panélistes exprimèrent leur accord avec cette vision, chacun à partir de son point de vue propre, et reconnurent le rôle de la société civile dans la constitution et le fonctionnement des ministères de la Paix. Le sénateur Douglas Roche précisa que « un réseau de ministères de la Paix présents dans tous les États et se rencontrant sur une base régulière, et non seulement en période de crise, dont le mandat serait d’édifier une culture de la paix et de la non-violence … pourrait conduire à des résultats significatifs dans ce domaine. Plus encore, il pourrait servir d’instrument utile pour prévenir les conflits et les détecter bien avant la phase de l’escalade. »

Enfin, M. Paul van Tongeren, directeur général du Secrétariat international de Global Partnership for the Prevention of Armed conflict (GPPAC), une organisation formée de quinze (15) groupes régionaux répartis partout dans le monde, appela de ses voeux le renforcement des liens entre les Nations Unies, les gouvernements nationaux et la société civile en vue de parvenir à l’atteinte de leurs objectifs communs d’édification de la paix. Il insista particulièrement sur l’utilité de réseaux internationaux d’organisations de la société civile, tels que le GPPAC, travaillant de façon concertée et dans un esprit d’appui mutuel.

Les cinq ateliers qui suivirent le panel connurent une forte participation et permirent d’aborder un vaste éventail de sujets en lien avec la création de ministères de la Paix, notamment : la mobilisation des jeunes autour d’un tel projet; le processus continu du développement de ministères de la Paix; le mandat des MDP et la façon dont ils pourraient influer sur le fonctionnement des gouvernements; l’analyse des pratiques d’excellence dans le domaine de la résolution pacifique des conflits; et le travail associé à l’édification de la paix et la profession d’artisan de la paix.

Bien qu’il n’ait pas été prévu de dégager des résolutions de ces activités, il en résulta néanmoins un fort consensus, autant chez les panélistes que chez les participants aux ateliers, quant à la nécessité de travailler de concert en vue d’atteindre cet objectif commun de constitution de ministères de la Paix, et plusieurs personnes, principalement du Canada, adhérèrent à la campagne.

Un évènement parallèle, le Deuxième Sommet des peuples pour les ministères de la Paix, eut lieu à Victoria, Canada, à l’université Royal Roads, les 21 et 22 juin. Cette rencontre, qui précéda le Forum, réunit soixante (60) participants provenant de vingt (20) pays différents. Également tenue sous l’égide de l’Initiative internationale pour des ministères de la Paix, elle était organisée par le groupe de travail canadien pour un ministère fédéral de la Paix. Dans son communiqué, lu au Forum et diffusé internationalement, l’Initiative internationale lança un appel à tous les gouvernements et aux organisations de la société civile partout dans le monde les invitant à travailler à :

  • Consacrer les ressources et à mettre en place les infrastructures nécessaires à la résolution pacifique des conflits;
  • Créer, former et développer des services civils de la paix et y affecter les ressources humaines et les moyens leur permettant de travailler à l’édification de la paix et à la résolution pacifique des conflits;
  • Intégrer la résolution pacifique des conflits et l’édification de la paix dans tous les programmes d’études, du niveau primaire jusqu’à l’université;
  • Amener activement les jeunes, les femmes et les membres de toutes les communautés à s’engager sur une base égalitaire dans l’édification de la paix, afin de garantir la participation et la représentation de tous et toutes dans le processus;
  • Appuyer et stimuler les efforts coordonnés en vue de tirer des leçons des expériences d’édification de la paix dans le monde et d’analyser les pratiques d’excellence qui en découlent.

Nous travaillons déjà à la préparation du Troisième Sommet des peuples qui doit se tenir en 2007 au Japon. Un mouvement international pour des ministères de la Paix est rapidement en train de se constituer, et le Sommet de Victoria le Forum international sur la paix ont certainement été des éléments déterminants dans cette évolution.